E.T. Corset

Construite en 1892, la Eastern Townships (E.T.) Corset, manufacture de corsets puis de lingerie féminine, a été témoin de l’histoire économique et sociale de l’industrie textile de la région de Saint-Hyacinthe. En mars 2015, un permis de démolition a été demandé par le propriétaire de la E.T. Corset et rapidement accordé par le comité de démolition de la ville de Saint-Hyacinthe, afin de construire un immeuble de cinq étages au sein d’un développement résidentiel de haute densité sur le site de la Goodyear. Points de vue s’est opposé au plan de démolition de la E.T. Corset, jugeant nécessaire de conserver cette manufacture, élément essentiel pour la mémoire collective de Saint-Hyacinthe, non seulement au niveau de sa matérialité, mais aussi – et surtout – de son échelle humaine. Le 23 août, résidents du secteurs et citoyens ont été conviés sur le parvis de l’église Sacré-Coeur pour une célébration de fin de vie de la E.T. Corset intitulée “Merci d’apporter des fleurs à la E.T. Corset!” Après l’eulogie funèbre, le cortège s’est mis en route sur le boulevard Laframboise, un déplacement de quelque 300 mètres jusqu’à l’ancienne manufacture permettant d’ancrer la présence du bâtiment dans son quartier. Sitôt la procession arrivée à la E.T. Corset, les participants on été invités à rédiger des cartes postales à la mémoire du bâtiment et de son histoire. Toujours dans l’optique d’accessibilité du collectif, aucune contrainte n’avait été imposée: souhaits, critiques, dessins et acrostiches ont reflété la diversité des voix qui se sont élevées. Les participants ont ensuite rassemblé leurs cartes postales en les accrochant avec des épingles à linge sur la clôture temporaire bloquant l’accès au site. L’installation éphémère in situ a pris forme petit à petit, inscrivant la trace de la mobilisation citoyenne dans l’espace public. Les cartes postales ont été récupérées, archivées, puis postées à des destinataires variés.

 

Le 21 septembre, lors d’une séance du conseil municipal, les élus de Saint-Hyacinthe ont modifié la décision du comité de démolition qui rendait la démolition de la E.T. Corset conditionnelle à l’acceptation par les citoyens des changements au règlement d’urbanisme. Ainsi, malgré l’opposition citoyenne et l’intervention de Points de vue, la E.T. Corset a été démolie. Le 7 octobre, le plus ancien bâtiment industriel de Saint-Hyacinthe encore debout avait rendu l’âme: la E.T. Corset n’était plus que tas de bois, de briques et de pierres.

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